Dans cette rubrique, j'aborde tout d'abord les thèmes suivant :
1-PRESENTATION DU C.A.T 2-LES MISSIONS DU C.A.T 3-LES DIFFICULTES DES PERSONNES ACCUEILLIES
ceci afin que vous aillez le maximum d'éléments, nécessaires à la compréhension de : "Les objectifs du projet "ESPACE PICTURAL D'EXPRESSION LIBRE" en C.A.T".
 PRESENTATION DU C.A.T |
Ce Centre d'Aide par le Travail a un agrément pour accueillir 60 travailleurs handicapés de plus de 20 ans. Ces activités diversifiées se déclinent sous six ateliers distincts :
- blanchisserie
- horticulture / maraîchage
- espaces verts (chantiers extérieurs)
- conditionnement / sous traitance
- ménage (interventions extérieures)
- couture
Des activités de soutien sont dispensées et encadrées par une éducatrice spécialisée. Ce soutien est défini par la circulaire 60 A.S titre I § 120 et suivant du 08/12/78 relative aux CAT selon deux types :
"Le premier soutien consiste à offrir aux personnes handicapées une activité productive avec soutien directement lié à celle-ci et la conditionnant.
"Le second soutien ou activités extraprofessionnelles vise à l'épanouissement professionnel et social de ces personnes en vue de leur insertion sociale.
En plus des moniteurs d'ateliers et des éducateurs techniques, intervient une assistante sociale, une psychologue et un éducateur sportif.
Les synthèses des travailleurs handicapés ont lieu régulièrement tous les deux ans. Le directeur, l'assistante sociale, la psychologue, l'éducatrice de soutien et le moniteur d'atelier se retrouvent pour aborder la question du handicap.
Ces moments de synthèse permettent de recentrer le travail individuel qui se fait avec ce dernier, et ce, en fonction de ses difficultés propres. S'il s'avère nécessaire qu'il bénéficie d'un stage dans un autre CAT ou bien à sa demande, des démarches seront faites dans ce sens. Il en va de son bien être personnel et également au niveau de l'ambiance qu'elle peut créer sur l'ensemble des travailleurs handicapés de l'atelier où elle exerce.
La qualité du travail que la personne fournit n'est pas un facteur prioritaire, ni la quantité d'ailleurs. Si des travaux sont mal finis, un autre travailleur handicapé peut être chargé de vérifier et de les terminer le cas échéant.
Ainsi, ce travail de vérification peut devenir valorisant, gratifiant pour celui qui sera chargé de le faire. La répartition des tâches devient alors un support intéressant, dans le travail éducatif, au service du bien-être individuel et collectif des personnes handicapées. Le recrutement des travailleurs handicapés et leurs affectations à certains ateliers ou postes, prend en compte leurs désirs personnels et se base sur divers critères. L'histoire sociale personnelle, la capacité d'acceptation de la déficience des autres travailleurs, les moniteurs d'ateliers, la complémentarité dans le travail sont autant de facteurs qui ont leur importance. La volonté, la rentabilité, sont bien sûr des critères qui ne sont pas négligés car le CAT se doit de produire pour exister et être pérenne dans le temps.
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|  LES MISSIONS DU C.A.T |
Le CAT est une structure médico-sociale relevant du ministère des affaires sociales, il répond à la loi du 30 juin 1975 (75.534) dite d'orientation en faveur des personnes handicapées. Il accueille des personnes handicapées dont la capacité de travail n'excède pas le tiers de celle d'un travailleur valide.
Mais son objectif dépasse la mise au travail de ces personnes : il doit leur fournir également un soutien professionnel comme une sensibilisation à la gestuelle par l'ergothérapie, une formation et une assistance psychologique, sociale, médicale et éducative comme une initiation à la vie sociale, des activités et loisirs.
Le CAT a une vocation à double finalité que précise la circulaire 60 A.S titre I § 110 :
- "faire accéder, grâce à une structure et des conditions de travail aménagées, à une vie sociale et professionnelle des personnes handicapées momentanément ou durablement incapables d'exercer une activité professionnelle dans le secteur ordinaire de production ou en ateliers protégés.
- permettre à celle d'entre ces personnes qui ont manifesté par la suite des capacités suffisantes de quitter le centre et d'accéder au milieu ordinaire de travail ou à un atelier protégé."
Une sensibilisation aux divers genres musicaux du monde est pratiquée pour tous ceux qui le désirent. Un intervenant professionnel de cet art leur met à disposition des instruments simples d'utilisation. Ce qui me semble intéressant au travers de cette activité, c'est l'accessibilité à une discipline très riche en émotions mais dont malheureusement les personnes handicapées sont trop souvent écartées.
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|  LES DIFFICULTES DES PERSONNES ACCUEILLIES EN C.A.T |
Elles souffrent essentiellement d'un retard du développement intellectuel. Cette déficience intellectuelle se situe entre légère et sévère suivant les cas. Elle est le plus souvent associée à des troubles de la personnalité, du comportement et du langage.
Les travailleurs handicapés sont nommés par la plupart du personnel "les jeunes". Cette dénomination m'a d'emblée interpellé. Sans en avoir conscience, peut-être qu'ils ne les considèrent pas tous comme ayant un statut d'adulte et ce, à cause de leur handicap.
La notion de responsabilité liée à ce statut ne leur est pas totalement accordée, comme s'ils étaient des enfants. Je ne suis pas d'accord avec cette dénomination qui peut être vécue par certains travailleurs comme une déresponsabilisation implicite.
Ainsi, je les nommerais les travailleurs, ce qui fait directement référence à leur statut d'adulte qui perçoit légitimement un salaire. La patience s'avère un trait de caractère bien utile pour l'exécution de certaines tâches où la minutie est également un fidèle allié. Mais peut-on vraiment parler d'un trait spécifique du caractère ou bien est-ce dû à d'autres facteurs liés au handicap ?
Cela peut en partie s'expliquer pour les adultes atteints de trisomie 21. Il a été constaté que chez les enfants trisomiques, l'assimilation des consignes leur demande plus de temps qu'à un enfant dit "normal".
Ainsi les apprentissages sont plus longs et par conséquent, leur assimilation plus tardive. Une fois adulte, on constate que subsiste toujours une inertie entre la compréhension des consignes et leur mise en application ; ce que j'appelle "patience" n'est peut-être qu'une conséquence du handicap qui se traduit dans le travail par une lenteur dans l'exécution des tâches.
Pour les autres travailleurs qui n'ont pas ce handicap, je pense qu'ils font leur travail comme tout à chacun. On peut s'évader par les pensées sans forcément montrer de l'impatience pour ce que l'on fait.
J'ai apprécié m'associer aux travailleurs pour partager des moments de travail. Cela m'a permis de me rendre compte que certains travaux, bien que répétitifs, requièrent une dextérité particulière. C'est le cas pour la plupart des travaux de sous-traitante.
Cette proximité dans le travail m'a aidé à établir avec certains travailleurs une relation de confiance. Même si elle reste relative sur si peu de temps, ils ont pu me parler comme à un collègue de travail et me confier quelques unes de leurs préoccupations qui ne sont guère différentes des personnes non handicapées.
Je suis conscient que mon temps de présence n'a sans doute pas été suffisant pour entrer réellement dans les confidences. Cependant, je me demande si le fait d'avoir intériorisé, pour ces travailleurs, qu'ils sont des personnes handicapées, ne les conditionne pas irrémédiablement dans une projection d'eux mêmes dans leur devenir.
Leur parcours spécialisé est tout tracé depuis leur enfance, IME, IMPRO, CAT ou atelier protégé, foyer d'hébergement et séjours spécialisés. Pourtant, il m'a semblé que la majorité d'entre eux évoluaient sereinement à l'intérieur de cette filière spécialisée. Ils ne se sentaient pas stigmatisés d'être des travailleurs en CAT comme s'ils avaient intériorisé leurs conditions, comme s'ils étaient conditionnés.
Pour la plupart, ils ne subissent pas les stigmates du handicap, ils les ont intégrés et vivent avec au quotidien en tout état de cause. Certains m'ont confié que pour eux le plus difficile à vivre est le regard parfois méprisant d'autrui quand ils sortent du parcours balisé de l'accompagnement spécialisé.
"Le mot de stigmate servira donc à désigner un attribut qui jette un discrédit profond, mais il faut bien voir qu'en réalité c'est en termes de relation et non d'attributs qu'ils convient de parler. L'attribut qui stigmatise tel possesseur peut confirmer la banalité de tel autre et, par conséquent, ne porte par lui-même ni crédits, ni discrédit." (Erving GOFFMAN) Dans ce processus de stigmatisation, la relation à l'autre est clairement tenue pour responsable par Erving Goffman. Dans notre société qui a tendance à tout catégoriser et à tout normaliser, l'accès à la culture peut sans doute aider à l'acceptation du handicap.
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