Réaménagement du projet Libre Expression Plastique 2008.2009

peinture murale au SESSAD

Cette réflexion prend en compte d'une part l'évolution des enfants à travers ce projet et d'autre part un réajustement nécessaire par rapport à certains objectifs premiers du projet : difficulté à trouver des artistes, à rencontrer d'autres établissements. Enfin, la nécessité de repenser le projet se fait dans l'optique de la délocalisation du SESSAD de l'enceinte même de l'IME.

L'objectif principal à terme du projet est de mettre à disposition de l'enfant des espaces d'expression variés qui pourraient être : le modelage, la peinture, les arts plastiques, la cuisine, la pratique d'un instrument de musique simple comme les percussions, la lecture, le jeu de réflexion (les dames, les échecs, le sudoku, etc.), etc. de sorte que chaque enfant puisse choisir le média le plus en lien avec ses dispositions psychiques du moment.

Il nous apparaît intéressant de nous laisser l'opportunité de scinder le groupe et proposer aussi des moments individuels pour les enfants pendant les temps d'ateliers et en deuxième partie de matinée. Ce seraient une manière d'expérimenter un autre moyen d'expression à travers la peinture sur des supports plats tels que : drap, planche, papier, etc.

Ce travail duel est aussi l'occasion de laisser l'opportunité à l'enfant d'exprimer une part plus intime de ses difficultés et ce, dans un cadre différent (relation duelle et contact privilégié avec l'éducateur, espace différent, support éducatif différent).

Ce dispositif a pour objectif de favoriser d'une part une plus grande liberté d'expression dans l'espace de l'atelier et d'autre part, de mettre en forme leur pensée à travers la mise en mots de leur expérience et ce, devant l'autre partie du groupe. Il s'agit aussi de laisser un espace ouvert à la critique à prendre au sens de "retour" sur un travail personnel.

Le projet s'appuie sur l'expérience de l'"atelier du non-faire" créé en 1983 par Christian SABAS, infirmier psychiatrique à l'hôpital spécialisé de Maison Blanche situé en région parisienne.

La présence d'une psychologue, en plus de l'éducateur spécialisé sur ces temps d'atelier, serait intéressante au sens où l'espace proposé offre différentes modalités d'écoute. Il nous apparaît ici important de faire le parallèle avec les propos de D.W Winnicott lorsqu'il développe le jeu et son importance dans le développement de l'enfant.

Ainsi, l'espace "du non faire" que nous souhaitons proposer se rapproche t'il de la fonction et trame du jeu, au sens où "il faut donner une chance à l'expérience informe, aux pulsions créatives, motrices et sensorielles de se manifester […]".

De cette manière, les enfants pourraient expérimenter "la vie dans l'aire des phénomènes transitionnels, dans l'entrelacs excitant de la subjectivité et de l'observation objective ainsi que dans l'aire intermédiaire qui se situe entre la réalité intérieure de l'individu et la réalité partagée du monde qui est extérieure".

Une collaboration avec un restaurant associatif est envisagée.

L'intérêt que peut revêtir cette interaction est d'apporter au projet un nouveau support à l'expression basé sur l'Art culinaire exotique. C'est également un moyen de socialisation à travers de nouvelles rencontres.                                                                                                               
Le média cuisine introduit aussi un tiers et peut permettre de lever certaines défenses et inhibition dans l'abord de cette nouveauté.                                                                                               
L'ouverture culturelle sur l'Afrique se fera par le média cuisine avec un objectif de découverte et d'appropriation de certaines techniques culinaires Africaines par la confection de petits plats et de desserts simples.

Ce partenariat permettra également d'élargir l'action de l'item "sensibilisation à l'environnement" avec l'accès au jardin solidaire de l'association. Les enfants pourront alors appréhender et vivre sur sa globalité le rythme imposé par les saisons et les cultures de légumes et de fruits.

Dans un même esprit, il serait intéressant de proposer aux enfants la possibilité de participer à la préparation du déjeuner tout en sachant que l'apprentissage de la cuisine n'est pas l'objectif visé mais reste encore simplement un support pour travailler leurs difficultés.

En conclusion, il nous semble important de faire de cet endroit, tout du moins de tendre vers, -un espace protégé- . L'objectif de ce dispositif est de faire émerger un sentiment de confiance qui passe aussi par l'appropriation physique des lieux. Ce sentiment d'appartenance, nécessaire pour l'investissement individuel de chaque enfant, exige que cet espace soit réservé au groupe SESSAD/INTEGRATION autant lors de leur présence que de leur absence.

Les propos de Didier ANZIEU concluront notre réflexion : "Il y a nécessité pour l'appareil psychique, qu'il soit individuel ou groupal, de se constituer une enveloppe qui le contienne, qui le délimite, qui le protège et permette des échanges avec l'extérieur".


Moyens :

Olivier Baboin, éducateur spécialisé, est le référent du projet. Il se positionne comme le garant éducatif et offre un espace de réflexion afin que les enfants puissent cheminer vers la construction de leur identité. Ainsi accompagnés les enfants ont l'opportunité de réfléchir à leurs difficultés et de trouver leurs réponses et leurs solutions. 

L'Aide Médico Psychologique se situe dans la même dynamique d'accompagnement. Cette dualité homme/femme permet à l'enfant de choisir son interlocuteur. Elle a aussi le rôle de constituer une documentation et une mémoire des thèmes de réflexion amenés par les enfants.

La psychologue s'inscrit dans une place singulière. Le fait qu'elle ne soit pas leur thérapeute peut offrir aux enfants une plus grande liberté d'être dans le groupe.  L'intérêt de sa présence sur la journée est de pouvoir apporter un soutien dans l'ici et le maintenant à travers différentes modalités d'accueil.

Temps de 2 heures (16h30-18h30), un mercredi par mois depuis le mois de septembre : il s'agit d'un temps de réflexion, de retour sur nos pratiques, et de réajustement.
La pratique nous montre qu'il est aussi nécessaire de se rencontrer à la fin de chaque journée, ne serait-ce que 30 minutes. On propose de mettre ce temps en place dès l'investissement des nouveaux locaux, en décalant simplement les horaires dans nos emplois du temps respectifs en veillant à assurer la continuité de l'organisation établie.

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PROJET LEP


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